Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs en plus attendus en 2026

Vous avez remarqué des rayons œufs parfois bien vides ces derniers mois ? Hausse de la demande, imports en forte progression, nouveaux poulaillers à construire… La filière vit un moment charnière. Pourtant, les professionnels l’annoncent : les tensions dans les rayons devraient se calmer d’ici juin, et 375 millions d’œufs supplémentaires sont attendus dès 2026.

Pourquoi les Français consomment-ils autant d’œufs ?

En 2025, chaque Français a consommé en moyenne 237 œufs, sous toutes leurs formes. Soit une dizaine de plus qu’en 2024. C’est énorme si l’on y pense. Cela veut dire des œufs au plat, mais aussi des gâteaux, des quiches, des sauces, des plats préparés.

En magasin, les achats d’œufs coquille continuent d’augmenter. Depuis trois ans, cela représente environ 300 millions d’œufs de plus chaque année. Et ce mouvement ne ralentit pas. Les études de consommation anticipent même jusqu’à 8 milliards d’œufs vendus en grande distribution à l’horizon 2028.

Ce n’est donc pas une simple mode. L’œuf s’installe au cœur de l’alimentation des Français.

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Un produit pas cher… mais surtout pratique et rassurant

On pense souvent que le succès de l’œuf vient uniquement de son prix abordable. En réalité, ce n’est qu’une partie de l’histoire. L’œuf coche presque toutes les cases que les consommateurs recherchent aujourd’hui.

  • Polyvalence : il s’adapte à toutes les cuisines, de l’omelette familiale aux ramen japonais.
  • Simplicité : il se prépare vite. Un œuf dur en 10 minutes, une omelette en 5 minutes.
  • Profil santé : riche en protéines, en vitamines et naturellement peu transformé.
  • Transgénérationnel : tout le monde en mange, des enfants aux seniors.
  • Compatible avec de nombreux régimes : flexitariens, sportifs, budgets serrés.

Autre point clé : 82 % des œufs achetés en magasin proviennent déjà de modes d’élevage alternatifs à la cage aménagée. Plein air, label, bio… Les Français veulent des produits plus responsables. La filière s’est engagée et continue à accélérer dans ce sens.

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Petit-déjeuner, snacking, cuisine du monde : les nouveaux terrains de jeu de l’œuf

La demande est forte, mais elle n’a pas encore atteint son maximum. Les experts de la consommation voient encore plusieurs gisements de croissance pour l’œuf français.

  • Drive et e-commerce : l’œuf reste parfois oublié dans les paniers en ligne, alors qu’il est un basique du frigo.
  • Restauration rapide et snacking : sandwichs aux œufs, bowls protéinés, salades composées, street food.
  • Cuisine du monde : ramen japonais, plats mexicains, spécialités asiatiques où l’œuf est souvent central.
  • Petit-déjeuner revisité : moins sucré, plus protéiné. L’œuf a une carte majeure à jouer.

Le marché des produits protéinés, déjà à plus de 500 millions d’euros en grande distribution, ouvre la voie. L’œuf offre une réponse simple, naturelle et peu transformée par rapport à d’autres alternatives industrielles.

Production française : en hausse, mais encore insuffisante

Côté fermes, la production française d’œufs progresse, mais pas assez vite. En 2025, la hausse reste limitée, autour de 0,8 %. Pourtant, les signaux sont au vert : plus de poulettes mises en place, durée d’élevage des poules allongée. Tout cela prépare une augmentation sensible en 2026.

Le problème, c’est que la consommation avance plus vite que la production. Résultat : la France doit importer davantage. Les importations d’œufs coquille atteignent désormais environ 10 % de la production nationale. Elles ont bondi de plus de 40 % en deux ans. Même dynamique sur les ovoproduits (œufs liquides, en poudre, pour l’industrie alimentaire).

La balance commerciale, autrefois positive, est devenue négative à la fois en volume et en valeur. Une vraie alerte pour la filière, qui craint de perdre durablement des parts de marché si les importations s’installent dans la durée.

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Pourquoi l’origine « Œuf de France » est un enjeu majeur

Dans ce contexte, l’indication de l’origine France devient un repère clé. Le logo « œuf de France » permet de garantir au consommateur une production française. Aujourd’hui, environ 90 % des producteurs sont dans cette démarche.

La filière met aussi en avant certaines spécificités nationales, comme l’ovosexage (détermination du sexe du poussin dans l’œuf). Cette pratique, encore rare dans le monde, améliore le bien-être animal mais augmente les coûts. Un choix éthique qui pèse sur la compétitivité face à des pays aux normes plus faibles.

En parallèle, l’arrivée d’œufs ukrainiens soulève des inquiétudes. Des résidus d’antibiotiques interdits en Europe depuis des années y ont été détectés. De quoi renforcer le réflexe d’acheter d’abord des œufs clairement identifiés comme français.

375 millions d’œufs en plus : comment la filière va rattraper la demande

Pour répondre à la hausse de consommation, la filière a revu ses ambitions à la hausse. Un premier plan prévoyait la construction de 300 poulaillers d’ici 2030. Il est désormais réévalué à 575 poulaillers d’ici 2035, soit 10 millions de places supplémentaires pour les poules pondeuses.

En 2025, 18 nouveaux poulaillers ont déjà vu le jour, représentant 660 000 emplacements supplémentaires. Cela équivaut à environ 200 millions d’œufs par an. Pour 2026, les projections évoquent 40 poulaillers de plus, 1,25 million de places, et à terme 375 millions d’œufs supplémentaires chaque année.

C’est précisément cette montée en puissance qui doit permettre, selon les responsables de la filière, de voir les tensions en rayons disparaître d’ici juin

Objectif 2035 : plus d’œufs, mais aussi plus d’alternatif

Les projections pour 2035 sont claires : environ 269 œufs par habitant, dont un tiers sous forme d’ovoproduits. Pour servir cette demande, il faudra produire près de 18 milliards d’œufs par an en France. C’est 3 milliards de plus qu’aujourd’hui.

La filière garde en ligne de mire un autre objectif fort : atteindre 90 % d’élevages alternatifs (hors cage aménagée) d’ici 2030, contre 77 % aujourd’hui. Autrement dit, accompagner la hausse des volumes tout en continuant la transition vers des modes d’élevage mieux acceptés par la société.

Construire un poulailler : un parcours du combattant

Derrière les chiffres ambitieux, la réalité du terrain reste complexe. Monter un projet de nouveau poulailler, ou agrandir un bâtiment existant, peut prendre plusieurs années.

  • Un dossier administratif lourd : des centaines de pages, des études d’impact coûteuses, des délais très longs.
  • Le financement : l’élevage a besoin d’environ 60 millions d’euros d’investissements par an, pendant 10 ans, rien que pour les bâtiments. Sans compter les couvoirs, les fabricants d’aliments ou les centres de conditionnement.
  • Les recours et oppositions : certaines associations s’opposent à de nouveaux projets, ce qui prolonge encore les délais.

La filière demande que les futures normes sanitaires, environnementales et de bien-être animal soient décidées au niveau européen, afin de ne pas pénaliser la production française face à ses concurrents. Elle plaide aussi pour des « clauses miroirs » : ce qui est exigé en France devrait l’être également pour les produits importés.

Concrètement, que va-t-il se passer dans les rayons d’ici 2026 ?

Si l’on résume, la consommation d’œufs augmente vite. La production française rattrape son retard, mais avec un décalage. Les importations ont pris de la place. Pour autant, les projets en cours sont nombreux et solides, avec des contrats qui sécurisent les débouchés.

Avec l’arrivée progressive de dizaines de nouveaux poulaillers, la filière prévoit une offre en nette hausse dès 2026. Ces 375 millions d’œufs supplémentaires, ajoutés aux gains de productivité dans les élevages existants, doivent permettre de rééquilibrer le marché et de rassurer les consommateurs.

En clair, si vous avez eu du mal à trouver vos œufs préférés ces derniers temps, ou si vous avez vu les prix bouger, la situation devrait s’apaiser assez vite. La filière se prépare, investit, se transforme. Pour que l’omelette du dimanche, les crêpes du mercredi et les gâteaux du week-end restent possibles sans stress… et de préférence avec des œufs de France.

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Mathieu Morvan
Mathieu Morvan

Passionné de gastronomie et expert SEO confirmé, Mathieu Morvan partage depuis plus de 10 ans ses voyages culinaires à travers la France et le monde. Spécialisé dans l’optimisation de contenus gourmands et lifestyle, il met son savoir-faire au service de Donhernan pour vous dévoiler astuces savoureuses, découvertes inspirantes et conseils maison pertinents, tout en restant au fait des actualités. Son objectif ? Allier authenticité, visibilité et plaisir dans chaque article, pour inspirer et informer au quotidien.

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